L’industrie aéronautique.

Le marché de l’aéronautique présente deux caractéristiques principales. D’une part, il s’agit d’un marché mondialisé qui bénéficie d’un chiffre d’affaires en croissance depuis plusieurs années. Le développement du trafic aérien et la santé financière des compagnies aériennes conditionnent la prise de commande des avions ainsi que le lancement des programmes. Cette liaison forte au trafic aérien expose cependant l’industrie aéronautique à des retournements de conjoncture qui peuvent être parfois brutaux. D’autre part, le marché de l’aéronautique est un marché complexe qui se décompose en trois segments : celui des avions régionaux (inferieur à 100 places), celui des avions d’affaires ou privés (jusqu’à 12 passagers) et enfin celui des avions commerciaux (de 100 à plus de 400 passagers). Cette dernière catégorie comprend encore différents sous-segments selon les critères de distance et/ou de nombre de passagers. Afin de répondre à cette segmentation du marché ainsi qu’aux exigences des compagnies aériennes (consommation, exploitation, maintenance, confort…) et des autorités (respect de l’environnement, sécurité…), les grands constructeurs ont dû trouver de nouvelles solutions pour diversifier leurs produits.  Il convient également de préciser que, en dehors de l’activité de fabrication d’appareils neufs, il existe une importante activité liée à la maintenance aéronautique (entretien et rechange de pièces), en raison de la durée de vie d’un avion qui est de l’ordre de 25 à 30 ans pour un appareil civil et 35 ans pour un avion de fret.

L’industrie aéronautique se présente aujourd’hui comme une filière, au sein de laquelle interviennent de nombreuses entreprises de tailles diverses et qui occupent des positions différentes au sein de la chaîne de production.

Afin de comprendre l’évolution de l’industrie aéronautique, il est aujourd’hui difficile de faire abstraction des contraintes de coordination technique qui conditionnent la conception et la fabrication d’un avion. En effet, un avion n’est pas un simple assemblage d’équipements, de moteurs et de cellules, mais il se présente comme un enchevêtrement complexe de systèmes, de sous-ensembles et de composants. Cette complexité systémique (Simon, 1969) ne provient pas seulement du nombre d’éléments qui composent le produit, mais aussi et surtout de leurs interactions. Le métier d’avionneur ne se limite plus à assembler des composants, il consiste à assurer l’intégration cohérente des différents systèmes et équipements. Dès lors, la question de l’évolution du produit devient l’élément central puisque toute action sur un sous-système constitutif de l’avion peut avoir des conséquences multiples et difficilement prévisibles sur d’autres éléments du fait de ses interactions. Cette complexité systémique a modifié considérablement la manière de concevoir, mais aussi de fabriquer de nouveaux avions.

Publié par Kawashltd

Ingénieur aéronautique

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